Collection de pensées

Ma photo
Un semblant de souffle qui se mêle aux paroles.

dimanche 29 mars 2009

Nostalgie

Marcy Playground - Sex and Candy
http://www.youtube.com/watch?v=mTfo6AvaaR0

Cette chanson me bouleverse à un tel point... J'ai du mal à comprendre comment je peux être aussi chamboulée par la voix de quelqu'un, par ses mots et sa musique.
Depuis hier soir je pleure sans m'en rendre compte. Mon visage s'innonde avant que j'aie pu comprendre ma tristesse.
Le vide.
Mon coeur vide.
Pourtant...
Il est toujours là.
Simplement.
Rien que lui.

lundi 23 mars 2009

À toi

À ta peau labourée
De mes doigts de faucille
Qui pousse et s'étend
Jusqu'à la mienne

À tes yeux papillons
S'abreuvant de ma poitrine
Fanée

À tes mains guerrières
qui sans cesse renouvellent
ta musique

À nos jonquilles

lundi 16 mars 2009

Froid

J’écris froid un froid de pays d’hiver qu’on découvre en courant giflé par les arbres Un froid de Vigneault qui chante et pleure sa poésie au rythme des saisons froid de sapins qui soufflent leur verdure

Froid sevré des cieux mais toujours affamé de vie dans une toundra qui ne change plus de manteau qui n’offre rien sauf son lichen et ses pierres aux loups et à l’homme Froid sans neige et pourtant si blanc froid de patin et de rondelle froid d’espoir et de langue

Froid de noblesse ancienne et de fourrure de pékan d’un fleuve aux eaux rageuses cassées par le brise-glace aux souvenirs des traces que tu laissais jadis des fenêtres que j’ouvrais pour toi pour nous des matins du Québec et de ses rendez-vous ratés

J’écris froid et la terre humide emplit mes narines une terre des hommes et d’un pays à semer un froid de brave qui coure les bois à la recherche de son âme dérobée Froid du nord et des aurores boréales à l’éclat iridescent Une forêt de froidure et de nordicité

Froid de flocon et de solitude des héros anciens montés de toutes pièces mais sur qui tout repose la glace du lac Meech figée comme nos espoirs minces, cassants, dangereux, refroidis

J’écris froid et tout s’efface les souvenirs qu’on a oublié la torture de l’affrontement les territoires disputés Froid comme Montcalm au lendemain des Plaines

mercredi 4 mars 2009

Bob

Il n'a pas bougé encore cette année. Mais on s'y attendait cette fois, alors ça va. Et puis, ça montre combien il fait confiance à son équipe !

Je regarderai donc le match de ce soir avec un sourire en coin, contente pour Calgary, et confiante pour Montréal.

jeudi 26 février 2009

Si on me cherche

.. je serai certainement au laboratoire des ordinateurs entrain de pratiquer mon espagnol. DKN, sous-sol, évidemment.
À 18h30 je serai en congé pour une dizaine de jours. Rédaction de dissertation, certes, mais pas de cours.

Yay!
Planification du voyage en Europe en vue !

ALLÉLUIA POUR LES HOMMES-BANCS DE PARC
Les hommes-bancs de parc mènent une vie sage et rangée
Ils ne parlent pas mais sont à l’écoute de tout

Les hommes-bancs de parc sont partout tatoués
Du passage des rebelles qui laissent leur trace
Avec un stylo meurtrier, gravés dans leur bois
Déclaration d’amour ou simplement, un nom

Les hommes-bancs de parc sont d’éternels témoins
Des enfants du quartier qui grandissent
Des fientes de pigeon lavées par la pluie
Des personnes qui errent et dorment par terre
Des seringues laissées derrière, une goutte de sang
Du chien et de son bâton qu’il rapporte sans se lasser
Les hommes-bancs de parc sont des témoins de la vie.

Les hommes-bancs de parc aiment entendre parler
Rire, pleurer, crier et chuchoter
Les hommes-bancs de parc n’ont rien à dire
À ceux qui cherchent des réponses sur un banc de parc.

lundi 23 février 2009

Même les plus belles fanent

C'est bien vrai, j'en ai la preuve sur la table de la salle à manger. Les plus belles meurent elles-aussi. Un beau lys, ses pétales séchés autour du vase.

Après l’amour, on se tourne d’un côté on revit ce qu’on a laissé mourir on court vers les notes qui s’envolent.
Dans une tentative de suivre sa musique
On n’est plus désormais qu’anonymes et désincarnés. Ce n’est qu’après l’amour que l’éveil du matin est entier.

C’est là qu’on parle de débandade, qu’on cherche l’introuvable. Qu’on jette du vinaigre sur ses meurtrissures en croyant que tout peut s’arranger qu’il faut du temps ah ! Le temps fait si bien les choses !

Après l’amour on efface les traces d’un passage trop barbare avec un mouchoir ou un bas. Rien de banal s’il s’agit de regrets le passé acquiert en profondeur se creuse laisse grandir l’amertume.

L’évanescence de la passion c’est l’après amour, c’est ainsi qu’on meurt un peu chaque seconde qu’on conjure l’homme et ses obsessives fragilités on renaît mais à moitié.

Après l’amour destructeur et circulaire on veut vivre on cherche dans le geste un souffle un cyclone ramener une sensation fugace. Il n’y a plus d’ambiguïté après l’amour parce qu’on a tout laissé à l’autre.

Après l’amour on a ce goût âpre dans la gorge un goût de fumée sèche et blanche on voudrait tout recracher asperger les murs s’embrumer s’échouer dans l’ivresse d’un possible lendemain

Commencer en douceur

.. avec la poésie.
Un poème, c'est un petit peu de l'âme de son auteur. Alors voilà, un morceau de mon âme pour me présenter.

Nous étions.

En ce temps-là j’ignorais que j’existais
Je ne connaissais que l’odeur de ta peau pluvieuse
J’y plantais chaque automne des jonquilles
et je m’étonnais de les voir pousser
dans notre cancer

En ce temps-là m’était inconnu le parfum du lilas
Je ne connaissais que nos corps explosés
dans la lumière trop vive de tes mains

Nous mettions au monde des jardins d’épices
et goûtions à la douceur de nos paresses
humant comme deux loups la peur de l’autre
Nous n’osions pas quitter la route
et empruntions le sourire aux matins d’hiver

En ce temps-là nous étions musique
Je ne connaissais que ta gamme trouée
et nous chantions faux, Amour, si faux
Deux rossignols louant un nid défait

Nous étions de pauvres enfants
Deux fruits mûris avant les autres
Que l’on a trop pressés

En ce temps-là de bois j’étais enduite
Je connaissais tes passages répétés
Un cœur gravé au couteau dans ma pelure
Et ta lumière aveuglante, Amour
Cette lumière qui a fini de m’atteindre